Les hommes n’ont pas de corps
À l’été 2023, je commence une expérience sociale : je passe une annonce sur une application de rencontres, me présentant comme une photographe à la recherche de modèles pour du nu masculin. Je fais ainsi l’expérience de renverser les hiérarchies de pouvoir entre l’artiste et sa muse.
Dans ce mouvement, la douceur s’invite tel un agent corrosif, travaillant de l’intérieur pour défaire la posture du masculin. En suspendant les injonctions à la performance, les corps deviennent des formes qui troublent l’ordre et ouvrent ainsi un espace de vulnérabilité et de fluidité. La nudité y devient le lieu d’une subversion des normes, où se tisse une affinité choisie, libérée des assignations.
« Les hommes n’ont pas de corps » (Virginie Despentes, King Kong Théorie)